1 septembre 2020

Rapport intérimaire de la Commission royale : Centraliser les données

Rapport intérimaire de la Commission royale : Centraliser les données

En soulignant que « la prise de décision en temps réel nécessite des données pertinentes en temps réel », ce rapport met en évidence la nécessité d'une gestion centralisée des données. Les incohérences actuelles des données limitent la capacité des équipes de pompiers à prendre des décisions éclairées.

Le 31 août 2020 – jour même de la publication du rapport intérimaire de la Commission royale d’enquête sur le dispositif national de gestion des catastrophes naturelles – 555 hectares avaient déjà été ravagés par un feu de brousse près de Bellingen. Or, ce feu se déclarait la veille du début de la période de risque d’incendie de brousse dans la région (1er septembre). Les feux de brousse ne sont donc pas un problème du passé qu’il faut simplement oublier.

Avant d'examiner les observations de ce rapport intérimaire, il convient de souligner qu'il est désormais trop tard pour mettre en œuvre des mesures concrètes en réponse aux recommandations de la Commission royale avant la saison des feux de brousse. Avec le début de la période à risque d'incendies de forêt, les services d'incendie suspendent toute modification importante de leurs systèmes et procédures : il n'y a pas de temps pour améliorer l'efficacité et former à nouveau le personnel. Il faudra attendre six mois avant que nos services puissent envisager la mise en œuvre effective des recommandations.

Pourtant, le rapport intérimaire contient des recommandations susceptibles d'améliorer la vie, les moyens de subsistance et l'environnement naturel de tous les Australiens. Voyons donc ce que ce rapport préconise en matière de construction et d'amélioration, en vue de la saison des feux de forêt 2021/2022.

Contrairement au rapport de la semaine dernière sur les feux de brousse en Nouvelle-Galles du Sud (https://www.kablamo.com.au/blog/nsw-bushfire-inquiry-report-how-technology-is-the-answer), ce rapport n'est pas final, mais présente des observations préliminaires qui seront complétées au fur et à mesure que les conseils municipaux soumettront leurs propositions au cours du mois prochain. Les audiences d'enquête finales auront lieu plus tard dans l'année. Ce rapport préliminaire met en lumière les lacunes de la collaboration entre les États, notamment en ce qui concerne la collecte, la gestion et le partage des données. Il souligne les dangereuses disparités entre les États, qui peuvent s'avérer particulièrement préjudiciables aux villes frontalières comme Mallacoota.

En soulignant que « la prise de décision en temps réel nécessite des données pertinentes en temps réel » (p. 12), la Commission royale précise que ces données doivent être stockées dans un référentiel central. Or, comme le savent tous ceux qui utilisent plusieurs applications de lutte contre les incendies, les symboles, le langage et les informations varient considérablement d'un État à l'autre. Cette dangereuse incohérence limite la capacité des équipes de pompiers à prendre des décisions éclairées. « L'harmonisation de la collecte, du stockage et de l'analyse des données, ainsi que des systèmes nationaux pour fournir des services d'information spécifiques » (p. 12) est, à juste titre, considérée comme une mesure indispensable à la prévision, à la planification et à la gestion des incendies, ainsi qu'à la sécurité des personnes évacuées et des pompiers.

L'Australie possède toutes les technologies, les données et les talents nécessaires pour créer une base de données nationale sur les feux de brousse et une vision cohérente des activités de lutte contre les incendies et des données en temps réel sur les feux de brousse, au-delà des frontières des États et des Territoires. C'est le manque de culture qui nous a freinés jusqu'à présent.

Le rapport intérimaire souligne comment le secteur privé peut apporter son aide : « Une collaboration plus étroite entre les agences, et entre les agences et le secteur privé, pourrait contribuer à résoudre ces problèmes. » (p. 20)

C'est un grand pas en avant. L'Australie devrait absolument être le leader mondial des technologies de prévention des incendies : nous avons plus à perdre et plus à gagner que la plupart des autres pays. Ensemble, les secteurs public et privé regorgent de talents, d'expérience et de réactivité qui peuvent être mis à profit pour relever ce défi. Nous avons d'ailleurs construit des plateformes prototypes pour répondre à certains des défis actuels.

Pour ceux d'entre nous qui, dans le secteur technologique, évaluons constamment la maturité des organisations en matière de données, la nécessité de disposer de données cohérentes et centralisées n'est pas une surprise. Le rapport d'enquête sur les feux de brousse en Nouvelle-Galles du Sud s'appuie sur ces observations et imagine ce qui pourrait être construit grâce à des données propres et cohérentes : une réplique numérique de l'État et de ses conditions d'incendie, permettant une collecte rapide et fiable d'informations en temps réel. Il est fort probable que le rapport final de la Commission royale d'enquête propose une solution similaire à l'échelle nationale. Chaque État disposant de sa propre réplique numérique, alimentée par les mêmes sources de données (vent, relief, température, etc.) et dotée d'une interface unique pour communiquer les changements de conditions ou la localisation des moyens (camions, avions, etc.), les équipes seront prêtes à affronter des saisons des feux toujours plus longues.

Ce dont nous avons besoin, c'est d'une vision nationale du partage de données en temps réel, qui transcende les frontières, à l'instar des incendies. Une frontière sur une carte ne modifie ni la direction des vents, ni le relief. En considérant le pays dans son ensemble, en œuvrant à surmonter les barrières culturelles et en offrant à tous les États et territoires une vision cohérente des données en temps réel et des analyses générées par l'IA, nous pouvons contribuer à éliminer les saisons d'incendies comme celle de 2019-2020. Ce rapport intérimaire n'est qu'une première étape, et nous devons agir rapidement.

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